Page suivanteHippolyte Bayard (1801-1887)
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Dans son village natal, Breteuil, Bayard avait pour camarade d'études un jeune homme du nom d'Edmond Geoffroy. Celui-ci vint aussi à Paris pour y chercher fortune. Geoffroy se fit acteur et entra à la Comédie-Française. Cette circonstance permit aux deux amis d'y faire la connaissance d'une autre pensionnaire du Français, Dupuis, qui était très lié avec Amaury-Duval, l'élève d'Ingres. On imagine facilement que, dans ce milieu d'artistes, Bayard ne pouvait pas ne pas être impressionné par les découvertes d'un certain Daguerre, qui alimentait alors toutes les conversations et dont le mystérieux procédé aiguisait la curiosité.
Hippolyte BAYARD Vous, dont le métier touche à l'une des branches de la photographie, que sauriez-vous dire sur Hippolyte Bayard ? Peu de chose sans doute, Bayard est l'inconnu, le trop grand méconnu de ces pionniers qui ont su faire de la photographie ce qu'elle est de nos jours, ce que nous en connaissons et qui nous fait vivre. Oui ! L'ignorance naît de l'indifférence, mais, en ce qui concerne Bayard, elle a aussi sa source dans une trop grande modestie, dans une réserve qui lui fit mépriser honneurs et récompenses, pour rester l'artisan de son art, dispensant ses conseils à qui les souhaitait, abandonnant ses trouvailles à qui saurait les exploiter et ne revendiquant rien pour lui-même. Ce personnage étrange, cet être d'exception, que tous les historiens étrangers qui ont parlé de photographie s'accordent à reconnaître parmi les créateurs de la photographie moderne, personne, chez nous n'a plus souvenir de son nom, si ce n'est en sa ville natale de Breteuil... Il semble juste qu'aujourd'hui hommage solennel lui soit rendu, en le révélant tel qu'il fut.
La vie d'Hippolyte BAYARD Le 30 Nivôse an IX de la République Française (mardi 20 janvier 1801, ancien style) naissait dans un petit village de l'Oise, à Breteuil-sur-Noye, un fils dans la famille du juge de paix. Son père avait été le premier juge élu, en vertu d'un décret de juillet 1790 2 qui institua la judicature, et il donna à son héritier une éducation qui devait lui permettre d'exercer tout d'abord les fonctions de clerc de notaire, mais alors qu'il était encore fort jeune, Hippolyte partit pour Paris, où il devait entrer au Ministère des Finances. Là devait se passer la plus grande partie de son activité publique. Le jeune Bayard possédait des dons artistiques certains : il peignait et dessinait agréablement. Le Paris de l'époque était un lieu de prédilection des arts, et il ne se fit pas faute de fréquenter ces milieux où il savait rencontrer les peintres et les graveurs du temps. Il se fit des amis de Grevedon, de Gavarni, de Charlet, ainsi qu'en témoignent les documents que conserve la Société Française de Photographie.
Pour Hippolyte BAYARD, l'honnêteté intellectuelle des divers historiens de la photographie voulait que l'on consacrât quelques lignes aux créateurs de la photographie. Ils firent mieux : chacun donna un chapitre de leur ouvrage. Récemment, au cours de l'hiver 1959-60, le Dr. Steinert organisait une exposition des oeuvres d'Hippolyte Bayard conservées à la Société Française de Photographie, mais, malgré cet effort, la presse française est restée à peu près muette. C'était pourtant un événement, puisque nous ne retrouverions que quelques rares citations dans les journaux du siècle écoulé des travaux que nous lui devons. En 1839, en 1851, en 1913, et c'est tout ! Depuis, Bayard semblait être retourné au royaume de l'oubli
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